Accueil


Penser socialiste
Pourquoi ce blog ? Et pourquoi en Ariège ?
N’est-il pas quelque peu présomptueux de prétendre contribuer à la rénovation du socialisme, à un moment où la politique gouvernementale nous a tout pris, jusqu’au mot même de socialisme ?

Au delà de l’impact de cette politique, les pratiques locales du parti supposé représenter les valeurs du socialisme et la traduction en acte de ces valeurs par la mise en place d’une politique fondée prioritairement sur la recherche de la justice et de la cohésion sociales s’avèrent-elles pertinentes ?

D’abord un constat.

A à peine un peu plus d’un an de l’élection présidentielle, nous nous situons dans un moment où « notre », je dis bien « notre », parti vient de successivement perdre les élections municipales de mars 2014, les élections européennes de juin 2014, les élections départementales de mars 2015 et plus récemment encore les élections régionales de décembre 2015. Jamais, depuis la refondation de ce qu’on appelait alors la gauche non communiste, par François Mitterrand nous n’avons connu semblable cataclysme. Même lorsque nous ne fûmes pas présent au second tour de la présidentielle en 2002, nous avons quasi immédiatement sauvé nos positions et engrangé des grandes victoires aux élections suivantes.

Mais là, partout notre effondrement électoral témoigne de l’ampleur de la crise d’identité qui traverse notre parti.

Certes, comme aimait à le répéter Léon Blum, si le pouvoir est tentant, seule l’opposition est confortable.

Force est désormais de constater que même dans nos bastions locaux notre parti ne remplit plus guère les missions basiques qui lui avaient historiquement permis d’irriguer la société.

Dans le Nord Pas-de-Calais, le PS n’exerce plus l’emprise contre-société que lui octroyait la gestion des municipalités et de l’économie sociale, grâce à laquelle, malgré la concurrence communiste souvent acharnée, il gardait le contact avec les « damnés de la terre ». Et l’on connaît la suite : pas un seul conseiller régional dans ce terroir historique où se situent les racines du Parti de Jules Guesde, celui des mineurs d’Emile Basly, des victimes de la fusillade de Fourmies assassinées le 1er mai 1891 pour le symbole du droit au travail et des 1095 victimes de la catastrophe de Courrières en 1906.

Plus généralement, lorsqu’on nous assène que nous serions parvenus à sauver les meubles aux régionales, pense-t-on nous faire oublier qu’il y a désormais en France moins de conseillers régionaux socialistes que du Front national ?

Dans le Limousin, la ville historique de Limoges comme celle de Niort sont aujourd’hui gérées par la droite : comment peut-on admettre que la ville fondatrice en 1895 de la CGT, là même où l’actuel président de la République avait tenu l’un de ses deux meeting emblématiques dans la campagne de 2012, et la capitale de la Mutualité soient aujourd’hui aux mains de la droite ?

Et dans notre Sud Ouest républicain, où notre Parti a incarné de longue date la tradition républicaine renouvelée par la Résistance, doit-on se contenter d’avoir sauvé les meubles en agitant le slogan du « No Pasaran », dont il faut bien rappeler que, tout bien pesé, il ne fut qu’un magnifique cri d’agonie de la République espagnole ?

Alors, demain la France ?

Mentions légales du site.